Italian Motorcycles

Cargnelutti Motorcycle Engines (in French)

Lorsque J.J.Coro, webmestre du site http://motosdfr.free.fr/ consacré à DFR et Dresch, m'a transmis, parmi tant d'autres, la copie de l'article évoquant le moteur Cargnelutti, je n'ai pas immédiatement réalisé ce dont il s'agissait.

Ce n'est qu'en relisant attentivement l'article que la "chose" a attiré mon attention. On ne peut pas dire, pourtant, que le moteur, vu de gauche comme de droite - ci-contre - ait, en soi, un aspect anodin et traditionnel ! Voici, ci-dessous, le texte complet de l'article en question, daté de 1930, censé nous en faire connaître le fonctionnement :

"La combinaison des cycles est obtenue au moyen de deux éléments moteurs travaillant selon deux cycles différents.

La chambre d'explosion est unique. Il y a deux cylindres en tandem et deux pistons de diamètre différent.

Le piston qui a le plus gros diamètre se déplace a un régime double de celui du piston de plus faible alésage.

Le premier fonctionne selon le cycle à quatre temps, le second selon le cycle à deux temps.

Les illustrations permettent de se rendre compte de la disposition des organes.

Le fonctionnement est le suivant :

L'aspiration se produit quand le piston de l'élément à quatre temps se déplace à partir du point mort haut.

Pendant ce temps, le piston de l'élément à deux temps accomplit la moitié de sa course à partir du point mort bas.

Par suite de la différence du diamètre des deux pistons, il se produit une dépression qui est comblée par les gaz qui arrivent par la lumière découverte par le piston et le distributeur rotatif.

Quand le mouvement inverse se produit pour le piston de l'élément à quatre temps nous avons le temps de compression au cours duquel le piston de l'élément à deux temps achève sa course et a masqué la lumière d'admission.

Au temps de travail, les deux pistons se meuvent vers leur point mort inférieur.

Au moment où le piston de l'élément à quatre temps est au point inférieur , le piston de l'élément à deux temps arrive seulement au milieu de sa course et démasque la lumière d'échappement.

La remontée du piston de l'élément à quatre temps aide à l'expulsion des gaz.

Puis arrive dans le cylindre une chasse d'air frais refoulé par le carter de l'élément à deux temps.

Quels sont les avantages de ce type de moteur ? C'est d'abord la prolongation des phases d'admission et d'échappement.

La commande desmodromique assure la possibilité de tourner à des régimes très élevés. Le rendement thermique est excellent, les gaz se détendent dans un plus grand espace que celui d'un quatre temps classique et pendant un temps plus long et en outre une bonne partie de l'énergie, consommée au temps d'admission et à celui d'échappement se trouve récupérée.

Bien entendu les applications de ce moteur ne sont pas limitées à la moto, mais s'étendent à toutes les branches utilisant des moteurs à explosion et en particulier de l'aviation."

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A ce texte et ces photos d'ensemble étaient jointes d'autres photos de détail, plus précises, permettant de voir certains éléments internes du moteur :
Ensemble des cylindres inférieur et supérieur Carter moteur supérieur, avec son piston. Carter moteur inférieur, avec son piston, la boite de vitesses et son levier de commande
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S'il n'était pas nécessaire de retourner ces photos dans tous les sens pour s'apercevoir qu'on est en présence de quelque chose de peu commun, le texte ne m'a pas semblé, d'emblée, d'une clarté évidente. On comprend, bien sur que l'on a utilisé un moteur deux temps, en lieu et place d'une culasse classique, pour gérer l'admission et l'échappement d'un moteur quatre temps. Restaient toutefois de nombreux "points d'ombre", particulièrement en ce qui concerne un mystérieux distributeur rotatif. Alors, j'ai relu le texte phrase par phrase et j'ai pris un papier et un crayon pour décomposer les différentes phases de fonctionnement du moteur. J'ai ensuite retranscri ces dessins. Je ne pouvais éviter de vous en faire profiter :

  1. Le piston du moteur à quatre temps est au PMH et celui du deux-temps au PMB. Le 4 temps est en fin de phase d'échappement, alors que le mélange est compressé au maximum dans le carter du 2 temps.

  1. Le piston du 2 temps est à la moitié de sa course et obstrue les transferts d'admission et d'échappement pendant que le 4 temps est en phase d'admission.

  1. Le 2 temps tourne à la moitié de la vitesse du 4 temps, si bien qu'admission et échappement sont en phase pour les deux.

    Ici, les deux pistons sont au PMH, en phase d'explosion ou "de travail". Pendant que l'air pénètre dans le carter du 2 temps.

  1. Le piston du 4 temps est au PMB, en fin de phase d'explosion. Le 2 temps est à nouveau à la moitié de sa course et commence à compresser les gaz dans le carter.

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ImgTitle Il manque pas mal de détails sur ces schémas. Plus particulièrement l'arbre vertical permettant au 4 temps d'entraîner le 2 temps. Il s'agit, en fait, du même arbre que celui qui entraînerait, sur un moteur classique, un arbre à cames en tête. Ce dernier étant, ici, remplacé par l'embiellage du 2 temps.

Il y manque surtout ce distributeur rotatif dont il est question dans le texte et dont les habitudes nous entraînent à le chercher disposé parallèlement à l'embiellage du moteur deux temps.

En fait, il ne gère pas l'admission dans le carter inférieur, mais le transfert des gaz entre le dit carter et la "chambre de combustion" commune aux moteurs deux temps et quatre temps (cf. doc. de gauche). Sa périphérie est munie de dentures, ce disque étant entraîné par un engrenage situé sur l'axe vertical reliant les embiellages des deux moteurs (cf. doc. de droite).

Mais le plus étrange n'est-il pas que ce moteur ait connu des développements de nos jours ?

Pour essayer d'en savoir plus sur le sujet, je fais part de ma "découverte" à Henk Cloosterman ( members1.chello.nl/~wgj.jansen/ ), spécialiste des moteurs a distribution desmodromique qui effectue des investigations de son côté. C'est un de ses correspondants qui nous fait savoir qu'un moteur tout a fait similaire sur le principe a été développé par en Australie par "Beare Technology" ( http://www.sixstroke.com/pageone.htm ), sans, apparemment, que ces derniers aient jamais eu connaissance de l'existence du moteur Cargnelutti. Cette omission a, depuis, été réparée.

Source: Moto-Histo.com

See also Beare Sixstroke

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